Vendredi 18 Mai St Eric A la St Eric, qui pue le pâté se retrouve seul dans le téléphérique.
|
Editos parus à ce jour Edito de Mai 2003 A l'ombre des jeunes rideuses en fleur ou Le joli temps des émois, et moi, et moi, et moi ?
 |
Cette fois ça y est, la fin est proche ! Avril s'est découvert de tous ses fils et voici le mois de mai dont la face rieuse se plait à se moquer des riders bientôt désœuvrés. Les belles constructions froides lentement s'affaissent ; le manteau blanc se déchire chaque jour un peu plus ; de loin en loin, sur les pentes croissent des fleurs brunâtres qui déclosent leurs terreuses pétales dans le silence tiède des après-midi. Le printemps installé en nouveau maître est le cancer chronique de l'hiver et les douloureuses figurations de ces déliquescences multiples sont autant de stigmates, de signes avancés de son office pernicieux, têtu et impitoyable.
|
Et le cristal qui, il y a peu de temps encore, étincelait de fierté sous un soleil froid, se délite doucement en pleurant sa gloire ancienne et s'en retourne à son état premier ; et le ciel inspire en ses éthers les vaporeux reliefs de ce repas liquide ; et la terre enfin réanimée boit de tous ses pores cette eau qui s'anime ; et ces milliards d'exsudations se muent en millions de suintements ; et ces myriades de ruissellements forment le lit des torrents vagabonds qui se rejoignent en des abîmes souterrains, grossissant une mer improbable qui emporte avec elle l'écho silencieux des rêves déchus.
|
 |
 |
Ainsi, en ce funeste instant, c'est bien l'hiver qui, au bout de sa longue agonie, soulevée çà et là par quelques ultimes hoquets, sera bientôt porté en bière par le petit peuple des glisseurs de toutes les confessions. Mais le rider est un être fier et fort qui sait, après avoir écrasé une larme discrète, relever la tête et rester digne. Certains d'entre eux auront déjà repéré, du coin de leur œil torve, le timide et lent réveil de la nature. Quelques tiges commencent à redresser la tête gonflée par une sève encore indécise mais pressée, cherchant son chemin vers la lumière. Ce fluide nerveux qui porte en son sein le ferment et l'espoir des existences nouvelles s'insinue par tous les canaux que la Nature, en mère attentive et prévoyante, a prévus à son endroit. Le voici qui avance et s'épanche sourdement ; le voilà qui monte et croît aux ventres creusés des corps avides ; ici il déferle en silence au secret des caverneuses tubulures ; là il enfle et gronde comme un fleuve en crue que rien ne peut contenir ; Et les corps qui l'accueillent s'emplissent et se gorgent de ce flux vibrant en se déployant, s'allongeant, s'étirant, s'écartelant vers d'hypothétiques extensions, d'improbables excroissances, d'impossibles turgescences.
|
Ah, rider, homme du froid au cœur chaud ! Etre foncièrement rigide mais néanmoins biologique, comme je te vois d'ici tout emprunté toi-même par ce geyser impatient et à sens unique qui ne connaît pas l'apaisement du ressac, à chaque fois que les rayons d'un soleil complice dénude un peu plus les épaules de tes congénères à couettes ; je te sais déjà tout frétillant rien qu'à l'envie d'effleurer du bout de tes doigts gourds ces peaux souples et élastiques, à peine halées par la caresse tiède des jeunes rayons ; je t'imagine bien, tout vibrionnant autour de leurs rondeurs affolantes qui calquent leurs courbes sur les épures de tes traces déjà anciennes dans le blanc manteau ; je te sens tout ému devant l'éclat violet de leurs yeux miroirs où tu mires ta face avide aux rougeurs suspectes ; je te devine avec tes yeux exorbités, où le sang gonfle - au rythme effréné des battements de ton pouls - un réseau nerveux de vaisseaux rouges et turgescents ; je perçois d'ici ton cœur, tel un cheval emballé qui regimbe dans sa cage thoracique, prisonnier frénétique et rageur dont les brusques ruades font se soulever ta poitrine en spasmes chaotiques ; je décèle dans les vibrations de l'air, ta narine qui frissonne, nez pointé au vent, tout appliquée à humer les fragrances chargées de progestérones et à inhaler - comme la baleine à travers ses fanons - ces vapeurs de plancton hallucinogène qui enivrent jusqu'au délire ton cerveau enfiévré ; Je subodore ta langue atrocement baveuse qui fait de grands slurp, et de gros flichss, tellement gonflée de désir qu'il lui est impossible de rentrer au secret de sa tanière et se love sur tes babines proéminentes comme glisse l'Anaconda sur une grève africaine ; et enfin, j'entends par delà les murs de la grande ville ton hurlement rauque et guttural qui déchire le silence de la nuit sous la lune blanche et ronde…
|
 |
 |
Bref, ami rider, ce qui précède pour te dire que je te sens tout chose et… que ce n'est pas anormal. Tu n'as pas à t'inquiéter. Bien sûr, ces symptômes étaient, il n'y a que quelques semaines encore, exclusivement dus à l'arrivée de la bonne poudrasse sur tes sens en éveil. Loin de toi l'idée d'accorder alors le moindre intérêt à tes congénères femelles, toi qui ne voyais en elles que d'inutiles boulets que le destin ignorant et malfaisant s'ingéniait à te coller entre les pattes (cf. l'édito d'avril que tu me forças à rédiger sous la contrainte, m'exposant inconsidérément à leur juste vindicte qui, entre parenthèse, me valut deux divorces, quatre condamnations pour outrage et un serrage de ceinture cuisant). |
|
Pour l'heure, la donne change. Et ces fleurs nouvelles éclosent au soleil naissant ; leur tête émerge de leurs épaules où la froidure les avait conduit à une prostration figée ; leur long cou gracile se déploie dans la douceur des matins ; leurs épaules s'ouvrent et se tournent vers la lumière du ciel comme des tournesols fiers ; leurs jambes s'allongent infiniment comme des queues de comètes traversant les ciels scintillants de l'été; et leur ventre blanc que la clarté vibrante et chaude de la belle saison sait apprivoiser, leur ventre sucré qui se pâme et nous fixe de son œil cyclopéen, leur ventre, aux ventres desquels se forme la genèse du Monde, leur ventre appelle la main du rider pour qu'il trace, au doigt levé, l'illusoire esquisse des promesses à venir.
|
 |
| Editos parus à ce jour |
|---|
de Mars 2011 | Lire... | La relève | Par Virg' | de Février 2011 | Lire... | Faux, qu'il neige. Faut qu'il neige. | Par Tonton Couillon | de Décembre 2010 | Lire... | Noël blanc | Par Virg' | de Novembre 2010 | Lire... | Du schnee ! On veut du schnee ! | Par Virg' | de Juin 2010 | Lire... | Trêve estivale | Par LaPoudre | de Octobre 2009 | Lire... | Décompte | Par LaPoudre | de Février 2009 | Lire... | Une journée de neige (2/2) | Par Duj | de Janvier 2009 | Lire... | Une journée de neige (1/2) | Par Duj | de Décembre 2008 | Lire... | Une journée de m... | Par Tonton Couillon | de Octobre 2008 | Lire... | Silence, on ferme ! | Par Tonton Couillon | de Septembre 2008 | Lire... | Au boulot ! | Par LaPoudre | de Août 2008 | Lire... | Trêve estivale | Par LaPoudre | de Mai 2008 | Lire... | Joli mois de Mai. Quand reviendras-tu ? | Par Tonton Couillon | de Avril 2008 | Lire... | L'habit ne fait pas le moine | Par Dr Ride | de Mars 2008 | Lire... | Questions existentielles ou To be or not to be a rider | Par Dr Ride | de Février 2008 | Lire... | Question de confort | Par Dr Ride | de Janvier 2008 | Lire... | Pas d'amie les jours de poudre ou Ma copine est une luge | Par Dr Ride | de Décembre 2007 | Lire... | La plaie des forums ou Le péril jeune ? | Par Dr Ride | de Novembre 2007 | Lire... | Poor lonesome rider | Par Dr Ride | de Octobre 2007 | Lire... | Mystère météo | Par Dr Ride | de Septembre 2007 | Lire... | Fin d'une époque | Par Dr Ride | de Août 2007 | Lire... | Top-modèle | Par FredLeRouge | de Juillet 2007 | Lire... | Faut bien bosser | Par FredLeRouge | de Juin 2007 | Lire... | Des babouins | Par FredLeRouge | de Mai 2007 | Lire... | Fais ce qu'il te plait | Par LaPoudre | de Avril 2007 | Lire... | On dirait le Sud | Par LaPoudre | de Mars 2007 | Lire... | Droit de réponse | Par LaPoudre | de Février 2007 | Lire... | Vive les vacances | Par LaPoudre | de Janvier 2007 | Lire... | Réchauffement au climax | Par Black | de Décembre 2006 | Lire... | Décompte de Noël | Par Black | de Novembre 2006 | Lire... | Sacré fils de poudre | Par Black | de Octobre 2006 | Lire... | Or Noir égal Poudre Blanche | Par Last Sword | de Septembre 2006 | Lire... | L'angoisse de la feuille blanche | Par Pierrot | de Juin 2006 | Lire... | Mort d'un avatar (Du rasoir faisons table basse) | Par B0b R!c4rd (compte effacé) | de Avril 2006 | Lire... | Auto-psychothérapie | Par Oliv' | de Mars 2006 | Lire... | Amorius, glorius, venustius | Par B0b R!c4rd (compte effacé) | de Février 2006 | Lire... | Sevrage difficile | Par B0b R!c4rd (compte effacé) | de Janvier 2006 | Lire... | Résolument pour le contraire | Par B0b R!c4rd (compte effacé) | de Décembre 2005 | Lire... | Le fond de l'hère effraie | Par B0b R!c4rd (compte effacé) | de Novembre 2005 | Lire... | L'édito à 16EUR64 | Par rider3 | de Octobre 2005 | Lire... | Un édito ? Pour quoi faire ? | Par LaPoudre | de Septembre 2005 | Lire... | La Cause | Par B0b R!c4rd (compte effacé) | de Août 2005 | Lire... | Rangez votre matos au bestiaire | Par Pouchotte | de Juin 2005 | Lire... | La France du NON | Par LaPoudre | de Mai 2005 | Lire... | Incassable | Par Pouchotte | de Avril 2005 | Lire... | Ride and Furious | Par LaPoudre | de Février 2005 | Lire... | La couleur des mots ou Les maux de la couleur | Par The Carving Machine | de Janvier 2005 | Lire... | Maile-moi mais m'emmêle pas ou Riders ne voulant pas rider | Par The Carving Machine | de Décembre 2004 | Lire... | Les soeurs (gros) pétard ou L'effet papill-ion | Par The Carving Machine | de Novembre 2004 | Lire... | Naître ou ne pas naître ou Edito futuro-catastropho-radariste
| Par The Carving Machine | de Octobre 2004 | Lire... | Epitaphe remord ou Et pif, paf, t’es mort ! | Par The Carving Machine | de Septembre 2004 | Lire... | La seconde | Par The Carving Machine | de Septembre 2004 | Lire... | Dernières images du Sud
ou Métro-boulot-fuseau | Par The Carving Machine | de Août 2004 | Lire... | Fuck them all !
ou J’hais la haine ! | Par The Carving Machine | de Août 2004 | Lire... | Ton destin s'écrit dans le sable
ou Août que tu sois en août, j'irai caoût que caoût ! | Par The Carving Machine | de Juillet 2004 | Lire... | Attendre un peu ou Peu à peu tout me happe* | Par The Carving Machine | de Juin 2004 | Lire... | A la St Darty, Roland Garros c’est reparti ou Chouette ! Une télé neuve chaque année ! | Par The Carving Machine | de Mai 2004 | Lire... | Tranche de vie d'un rider ou Ne m'appelez plus Marie-France | Par The Carving Machine | de Avril 2004 | Lire... | Edito RAPé, tes carottes sont cuites ou Poor lonesome rider's song | Par The Carving Machine | de Mars 2004 | Lire... | Sandwich contre Grany ou Gradwich et Sandy | Par The Carving Machine | de Février 2004 | Lire... | Salade Niçoise ou Prise de choux | Par The Carving Machine | de Janvier 2004 | Lire... | Monologue prénatal ou Tu seras un homme, ma fille | Par The Carving Machine | de Décembre 2003 | Lire... | Coureur de fond* ou Au fond, il sert de courir ! | Par The Carving Machine | de Novembre 2003 | Lire... | La quête des sens ou 5 bonnes raisons d'aller aux Mondiaux | Par The Carving Machine | de Octobre 2003 | Lire... | Images en clair-obscur | Par The Carving Machine | de Septembre 2003 | Lire... | Eh bien ! dansez maintenant ! * | Par The Carving Machine | de Août 2003 | Lire... | Prise de conscience* provençale ou Les cigales ont-elles une âme ? | Par The Carving Machine | de Juillet 2003 | Lire... | Aux armes citoyens ou La constitution reconstituée | Par The Carving Machine | de Juin 2003 | Lire... | Le rêve | Par The Carving Machine | de Mai 2003 | | A l'ombre des jeunes rideuses en fleur ou Le joli temps des émois, et moi, et moi, et moi ? | Par The Carving Machine | de Avril 2003 | Lire... | Maxi-luges et mini-quiches
ou De l'art de choisir ses compagnons de ride | Par The Carving Machine | de Mars 2003 | Lire... | Candide, le chat qui vole. | Par The Carving Machine | de Février 2003 | Lire... | Chutes de neige exceptionnelles en cette fin du mois de janvier. | Par The Carving Machine |
|

|